LA finale à la finale mondiale Rotax

Cette année était ma 5è participation à la finale mondiale du Challenge Rotax Max et mon but était de devenir le premier pilote à remporter trois titres. Comme toujours, la finale mondiale est différente de toutes les autres courses disputées dans l’année. Les pilotes ne représentent pas seulement eux-mêmes mais aussi leur pays. Comme tout le monde le sait, les pilotes compétitionnent tous sur du matériel identique. Cela impose au pilote de faire la différence et n’est pas une question de savoir qui a le meilleur matériel. C’est notamment pour cette raison que la finale mondiale est si différente des autres courses.

La semaine a raisonnablement bien débuté pour moi alors que je me suis maintenu dans le top 5 dans chacune de mes sessions de pratique. Mon objectif principal lors de chacune des sessions étaient d’essayer autant de changements que possible dans les réglages pour bien comprendre le châssis Mach 1, un châssis que je conduisais pour la première fois. Une fois arrivé à la qualification, il était temps d’ajuster le châssis de la façon que je croyais la meilleure. Je me suis qualifié 2è de mon groupe, 4è au total, ce qui n’était pas trop mal considérant que j’ai dû négocier avec un pilote plus lent lors de mon meilleur tour. Cela me plaçait donc en 2è position sur la grille pour chacune des manches qualificatives.

Les manches se sont bien déroulées pour moi alors que j’ai gagné les trois manches auxquelles j’ai pris part et décrochant la pole pour le départ de la pré-finale. Toutefois, je savais, par expérience, que gagner toutes les manches et la pré-finale ne garantissait pas la victoire en finale. J’ai été dans cette position auparavant de tout gagner, sauf la finale, donc j’avais une confiance prudente.

La pré-finale s’est bien déroulée puisque j’ai gagné mais pour une raison que j’ignore je n’avais pas la même vitesse que durant les manches. Nous avons donc fait quelques changements en vue de la finale en espérant retrouver notre vitesse.

Juste avant le début de la finale, la nervosité s’est fait sentir alors que tout le travail de la semaine allait prendre tout son sens lors de cette finale. J’ai eu un bon départ et j’avais même une avance raisonnable après un tour. Mais très rapidement après le 2è tour, j’ai réalisé que la vitesse n’était pas au rendez-vous pour conserver cette avance qui s’est mise à rétrécir. Dès lors, j’ai réalisé que j’allais avoir à me battre si je voulais conserver la tête et que si je ne le faisais pas, j’allais reculer. Je me suis fait rattraper et suis tombé en 3è position. J’ai été chanceux car le meneur a eu un problème mécanique et peu après, j’ai pu reprendre la tête avec une légère avance. Encore une fois, j’ai été rattrapé rapidement et la bagarre a recommencé. Je me suis retrouvé en 2è position mais j’ai pu encore reprendre la tête rapidement, sachant que je devais demeurer à l’avant. Après quelques tours à défendre ma première place, je suis retrouvé encore une fois en 3è position, m’accrochant aux deux meneurs. Ils ont alors échangé leur position et ça m’a donné la chance de me rapprocher. J’ai pu prendre la 2è place et je savais que ma seule chance pour la victoire était de reprendre la tête et d’espérer ensuite que le groupe derrière moi se batte entre eux.  J’ai pu réaliser le dépassement à l’épingle la plus serrée et j’ai ensuite eu un peu de répit alors que les autres pilotes se battaient derrière moi. Il me restait 6 tours à faire et je devais faire ces tours sans commettre d’erreur pour gagner. J’y suis arrivé et j’ai gagné. Ce fut la course la plus difficile de ma carrière en raison de l’importance de la course. Un tour ou deux de plus et j’aurais été rattrapé, partant à nouveau la bagarre.

Après la course, j’ai réalisé que je n’avais réussi que le 17è meilleur temps en course. Je savais que j’étais lent mais pas à ce point. Cette victoire, je la dois notamment à mon expérience et à la stratégie. Cela démontre quel que soit la vitesse que nous avons en piste, il y a moyen de gérer sa course et de réussir à gagner. Cela n’a rien à voir avec le fait d’avoir le meilleur moteur ou le meilleur châssis. Il faut trouver le moyen de tirer le maximum du matériel, gérer sa course en conséquence et la victoire devient possible. Je crois qu’il y a trop d’emphase mis sur le fait d’avoir le meilleur moteur et cette mentalité doit changer. Ce n’est qu’une partie de l’équation. Il faut savoir tirer le meilleur de l’équipement mis à sa disposition et piloter en fonction de la course qui se déroule. C’est ce que nous visons à enseigner à l’Académie de Karting Jim Russell. Comprenez-moi bien, cela ne veut pas dire que vous êtes capables de gagner chacune des courses ou même de commencer à gagner immédiatement. Cela veut dire que ce que nous enseignons à l’Académie, vous donnera un meilleur bagage de connaissances et vous permettra de vous développer au maximum à titre de pilote.

 

Ben Cooper, Instructeur-chef, Académie de Karting Jim Russell